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Sale temps pour la SF
par Denis Guiot
L'étudiant - Janvier 1988.


Ils sont sept, retranchés à l'intérieur d'un genre qu'ils détestent -la science-fiction-, mais trop frileux pour affronter la littérature "générale" -qu'ils vénèrent. Au nom du décloisonnement des genres, ils ont investi une collection spécialisée bien connue (Présence du futur) pour, selon leurs propres termes, "secouer le cocotier de la SF". Ils se veulent iconoclastes et briseurs de tabous en tout genre, ce ne sont que des grands enfants jouant aux poètes maudits et cachant leur impuissance à communiquer -quand ce n'est pas un imaginaire étriqué- sous un hermétisme prétentieux.
Ils : le groupe Limite, constitué par Jacques Barbéri, Francis Berthelot, Lionel Evrard, Emmanuel Jouanne, Frédéric Serva, Jean-Pierre Vernay et Antoine Volodine. Malgré le monde, anthologie signée collectivement, est la première manifestation littéraire du groupe. Soyons net : à deux ou trois exceptions près, les textes -au nombre de quatorze- sont illisibles et sans intérêt, oscillant entre lesymbolisme abscons et le nombrilisme puéril. Quand à la SF, elle est réduite au rôle d'alibi. Bref, le vide conceptuel dans l'emballage cadeau des mots.
A ce point de mépris du lecteur, on ne sait s'il faut s'insurger, en rire ou simplement plaindre les membres du groupe Limite, perdus dans un monde trop grand pour eux. […]